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Le texte

Un Dahlia

Courtisane au sein dur, à l’œil opaque et brun
S’ouvrant avec lenteur comme celui d’un bœuf,
Ton grand torse reluit ainsi qu’un marbre neuf.

Fleur grasse et riche, autour de toi ne flotte aucun
Arome, et la beauté sereine de ton corps
Déroule, mate, ses impeccables accords.

Tu ne sens même pas la chair, ce goût qu’au moins
Exhalent celles-là qui vont fanant les foins,
Et tu trônes, Idole insensible à l’encens.

— Ainsi le Dahlia, roi vêtu de splendeur,
Élève, sans orgueil, sa tête sans odeur,
Irritant au milieu des jasmins agaçants !

Paul Verlaine, Poèmes Saturniens

Les illustrations

Un Dahlia de Paul Verlaine dans Poèmes Saturniens - Peinture de Peter Graham - La vague de l'océan, blanche comme l'aile de l'oiseau de mer - 1900
Un Dahlia de Paul Verlaine dans Poèmes Saturniens - Peinture de Peter Graham - La vague de l'océan, blanche comme l'aile de l'oiseau de mer - 1900
Paul Verlaine - Recadrage d'une peinture de Henri Fantin-Latour - Coin de table - Paul Verlaine et Arthur Rimbaud - 1872
Paul Verlaine - Recadrage d'une peinture de Henri Fantin-Latour - Coin de table - Paul Verlaine et Arthur Rimbaud - 1872

Le pdf

Le pdf du poème Un Dahlia de Paul Verlaine et du recueil Poèmes Saturniens seront bientôt disponible.

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