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Promenade Sentimentale

Le couchant dardait ses rayons suprêmes
Et le vent berçait les nénuphars blêmes ;
Les grands nénuphars entre les roseaux,
Tristement luisaient sur les calmes eaux.
Moi j’errais tout seul, promenant ma plaie
Au long de l’étang, parmi la saulaie
Où la brume vague évoquait un grand
Fantôme laiteux se désespérant
Et pleurant avec la voix des sarcelles
Qui se rappelaient en battant des ailes
Parmi la saulaie où j’errais tout seul
Promenant ma plaie ; et l’épais linceul
Des ténèbres vint noyer les suprêmes
Rayons du couchant dans ses ondes blêmes
Et des nénuphars, parmi les roseaux,
Des grands nénuphars sur les calmes eaux.

Paul Verlaine, Poèmes Saturniens

Les illustrations

Promenade Sentimentale de Paul Verlaine dans Poèmes Saturniens - Peinture de Claude Monet - Le bassin aux nymphéas, harmonie verte - 1899
Promenade Sentimentale de Paul Verlaine dans Poèmes Saturniens - Peinture de Claude Monet - Le bassin aux nymphéas, harmonie verte - 1899
Paul Verlaine - Photographies de Jean Capel et Jules Piallat - Paul Verlaine jeune - 1860-1870
Paul Verlaine - Photographies de Jean Capel et Jules Piallat - Paul Verlaine jeune - 1860-1870

Le pdf

Le pdf du poème Promenade Sentimentale de Paul Verlaine et du recueil Poèmes Saturniens seront bientôt disponible.

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