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À La Promenade

Le ciel si pâle et les arbres si grêles
Semblent sourire à nos costumes clairs
Qui vont flottant légers avec des airs
De nonchalance et des mouvements d’ailes.

Et le vent doux ride l’humble bassin,
Et la lueur du soleil qu’atténue
L’ombre des bas tilleuls de l’avenue
Nous parvient bleue et mourante à dessein.

Trompeurs exquis et coquettes charmantes
Cœurs tendres mais affranchis du serment
Nous devisons délicieusement,
Et les amants lutinent les amantes

De qui la main imperceptible sait
Parfois donner un soufflet qu’on échange
Contre un baiser sur l’extrême phalange
Du petit doigt, et comme la chose est

Immensément excessive et farouche,
On est puni par un regard très sec,
Lequel contraste, au demeurant, avec
La moue assez clémente de la bouche.

Paul Verlaine, Fêtes Galantes

Les illustrations

À La Promenade de Paul Verlaine dans Fêtes Galantes - Peinture de Jean-Baptiste Camille Corot - La Buissière près de Béthune, Allée bordée de saules - 1875
À La Promenade de Paul Verlaine dans Fêtes Galantes - Peinture de Jean-Baptiste Camille Corot - La Buissière près de Béthune, Allée bordée de saules - 1875
Paul Verlaine - Peinture de Frédéric Bazille - Portrait de Paul Verlaine comme un troubadour - 1868
Paul Verlaine - Peinture de Frédéric Bazille - Portrait de Paul Verlaine comme un troubadour - 1868

Le pdf

Le pdf du poème À La Promenade de Paul Verlaine et du recueil Fêtes Galantes seront bientôt disponible.

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