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Le texte

Cauchemar

J’ai vu passer dans mon rêve
— Tel l’ouragan sur la grève,
D’une main tenant un glaive
Et de l’autre un sablier,
Ce cavalier

Des ballades d’Allemagne
Qu’à travers ville et campagne,
Et du fleuve à la montagne,
Et des forêts au vallon,
Un étalon

Rouge-flamme et noir d’ébène,
Sans bride, ni mors, ni rêne,
Ni hop ! ni cravache, entraîne
Parmi des râlements sourds
Toujours ! toujours !

Un grand feutre à longue plume
Ombrait son œil qui s’allume
Et s’éteint. Tel, dans la brume,
Éclate et meurt l’éclair bleu
D’une arme à feu.

Comme l’aile d’une orfraie
Qu’un subit orage effraie,
Par l’air que la neige raie,
Son manteau se soulevant
Claquait au vent,

Et montrait d’un air de gloire
Un torse d’ombre et d’ivoire,
Tandis que dans la nuit noire
Luisaient en des cris stridents
Trente-deux dents.

Paul Verlaine, Poèmes Saturniens

Les illustrations

Cauchemar de Paul Verlaine dans Poèmes Saturniens - Peinture de Luca Giordano - La chute des anges rebels - 1665
Cauchemar de Paul Verlaine dans Poèmes Saturniens - Peinture de Luca Giordano - La chute des anges rebels - 1665
Paul Verlaine - Photographies de Jean Capel et Jules Piallat - Paul Verlaine jeune - 1860-1870
Paul Verlaine - Photographies de Jean Capel et Jules Piallat - Paul Verlaine jeune - 1860-1870

Le pdf

Le pdf du poème Cauchemar de Paul Verlaine et du recueil Poèmes Saturniens seront bientôt disponible.

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