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Le texte

Épitaphe

Il vivait, il jouait, riante créature.
Que te sert d’avoir pris cet enfant, ô nature ?
N’as-tu pas les oiseaux peints de mille couleurs,
Les astres, les grands bois, le ciel bleu, l’onde amère ?
Que te sert d’avoir pris cet enfant à sa mère
Et de l’avoir caché sous des touffes de fleurs ?

Pour cet enfant de plus tu n’es pas plus peuplée,
Tu n’es pas plus joyeuse, ô nature étoilée !
Et le cœur de la mère en proie à tant de soins,
Ce cœur où toute joie engendre une torture,
Cet abîme aussi grand que toi-même, ô nature,
Est vide et désolé pour cet enfant de moins !

Mai 1843.

Victor Hugo, Les Contemplations

Les illustrations

Épitaphe de Victor Hugo dans Les Contemplations - Peinture de Philippe de Champaigne - Portrait d'un enfant mort - 1650
Épitaphe de Victor Hugo dans Les Contemplations - Peinture de Philippe de Champaigne - Portrait d'un enfant mort - 1650
Victor Hugo - Litographie de Achille Devéria - 1829
Victor Hugo - Litographie de Achille Devéria - 1829

Le pdf

Le pdf du poème Épitaphe de Victor Hugo est disponible dans le recueil Les Contemplations :

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