La vidéo

Le texte

Nevermore (Allons, mon pauvre cœur…)

Allons, mon pauvre cœur, allons, mon vieux complice,
Redresse et peins à neuf tous tes arcs triomphaux ;
Brûle un encens ranci sur tes autels d’or faux ;
Sème de fleurs les bords béants du précipice ;
Allons, mon pauvre cœur, allons, mon vieux complice !

Pousse à Dieu ton cantique, ô chantre rajeuni ;
Entonne, orgue enroué, des Te Deum splendides ;
Vieillard prématuré, mets du fard sur tes rides :
Couvre-toi de tapis mordorés, mur jauni ;
Pousse à Dieu ton cantique, ô chantre rajeuni.

Sonnez, grelots ; sonnez, clochettes ; sonnez, cloches !
Car mon rêve impossible a pris corps, et je l’ai
Entre mes bras pressé : le Bonheur, cet ailé
Voyageur qui de l’Homme évite les approches.
— Sonnez, grelots ; sonnez, clochettes ; sonnez, cloches !

Le Bonheur a marché côte à côte avec moi ;
Mais la FATALITÉ ne connaît point de trêve :
Le ver est dans le fruit, le réveil dans le rêve,
Et le remords est dans l’amour : telle est la loi.
— Le Bonheur a marché côte à côte avec moi.

Paul Verlaine, Poèmes Saturniens

Les illustrations

Nevermore (Allons, mon pauvre cœur...) de Paul Verlaine dans Poèmes Saturniens - Peinture de Jan Theodoor Toorop - La fatalité - 1893
Nevermore (Allons, mon pauvre cœur...) de Paul Verlaine dans Poèmes Saturniens - Peinture de Jan Theodoor Toorop - La fatalité - 1893
Paul Verlaine - Recadrage d'une peinture de Henri Fantin-Latour - Coin de table - Paul Verlaine et Arthur Rimbaud - 1872
Paul Verlaine - Recadrage d'une peinture de Henri Fantin-Latour - Coin de table - Paul Verlaine et Arthur Rimbaud - 1872

Le pdf

Le pdf du poème Nevermore (Allons, mon pauvre cœur…) de Paul Verlaine et du recueil Poèmes Saturniens seront bientôt disponible.

Laisser un commentaire