La vidéo

Le texte

Mon Rêve Familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? — Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Paul Verlaine, Poèmes Saturniens

Les illustrations

Mon Rêve Familier de Paul Verlaine dans Poèmes Saturniens - Peinture de Claude Monet - La femme à l'ombrelle - Camille Doucié et son fils - 1875
Mon Rêve Familier de Paul Verlaine dans Poèmes Saturniens - Peinture de Claude Monet - La femme à l'ombrelle - Camille Doucié et son fils - 1875
Paul Verlaine - Photographie par Willem Witsen - Portrait de Paul Verlaine - 1892
Paul Verlaine - Photographie par Willem Witsen - Portrait de Paul Verlaine - 1892

Le pdf

Le pdf du poème Mon Rêve Familier de Paul Verlaine et du recueil Poèmes Saturniens seront bientôt disponible.

Laisser un commentaire